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NOTICE ANALITIQUE

 

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La programmation dynamique de l’avenirdans l’œuvre d’Alexandre S. Pouchkine

 

Pouchkine… a emporté dans sa tombe…

un grand mystère.

Et nous tentons maintenant de le dévoiler sans lui.

Fiodor M. Dostoïevski

 

A l’automne 1830, Pouchkine est parti pour Boldino pour régler des affaires personnelles avant la cérémonie de mariage avec Natalia Nikolaïevna Gontcharova. Sur le moment une pandémie de choléra se déclare, le district de Nijni Novgorod et les districts voisins sont soumis à une quarantaine. Des mois entiers de septembre, octobre et novembre Pouchkine demeure littéralement confiné à Boldino – le hasard des faits ! Pour la Russie et pour tous les admirateurs de son talent, la quarantaine se tourne en un don inestimable. D’après tous les biographes du poète (dits pouchkinistes), le temps de son séjour à Boldino fut la période la plus créatrice de toute sa carrière.

Parmi les œuvres écrits à Boldino « Les Récits de feu Ivan Petrovitch Belkine » tiennent une place à part. Ils sont mystérieux et particulièrement impénétrables : raison pour laquelle ni les contemporains de Pouchkine ni les descendants n’ont pu comprendre « Les Récits » ni le message transmis. Et ceci contrairement au Pouchkine, qui lui-même témoignait que son œuvre renfermait un sens voilé.

En effet, le lecteur trouve dans l’avis de l’éditeur à « La Petite Maison de Kolomna », parue en 1896 à l’édition de Piotre O. Morozov : « La critique (du poème – remarque de l’auteur) a été publiée dans le Supplément Littéraire à l’Invalide Russe n° 69 de 1833. D’après Annenkov le récit « a été considéré par presque tout le monde comme un échec définitif de notre poète. Même la société s’abstient d’en parler en présence de l’auteur pour épargner son amour-propre… Pouchkine le devinant, ne se fâchait pas et se taisait… » Et voici un extrait de la lettre de Pouchkine du 30 décembre 1830 adressée à Piotr A. Pletniov, éditeur de Moscou : «Je vais te dire (en confidence) que j’écrivais à Boldino tant que j’ai jamais écrit avant. Voilà ce que j’ai ramené avec moi : les deux derniers chapitres d’Eugène Onéguine, le huitième et le neuvième, totalement prêts à l’impression ; une nouvelle écrite en octaves (400 vers) ; nous allons la publier anonyme ; plusieurs scènes dramatiques ou autrement les petites tragédies, notamment « Le Chevalier avar », « Mozart et Salieri », « Le Festin en temps de peste » et « Dom Juan ». Outre cela, j’ai écrit une trentaine de petits vers. C’est bien ? Ce n’est pas tout (en confidence, pour toi seul) : j’ai écrit en prose cinq récits qui font Baratynski marrer à tout casser ; nous allons les publier aussi anonyme, on ne peut pas mettre mon nom, Boulgarine va reprendre ».

Pouchkine se décide à publier « Les Récits » en cachant son vrai nom. Pour persuader le lecteur il pourvoit « Les Récits » d’un avis de « l’éditeur » et « d’une biographie » de M. Belkine. Mais avant de remettre le recueil à son éditeur, Pouchkine change l’ordre initial de succession des récits en mettant « Le Coup de Pistolet » et « La Tempête de Neige » au début du recueil.

C’est Pletniov qui est responsable de l’édition. Dans une lettre adressée à celui-ci (vers le 15 août 1831), Pouchkine le demande à « murmurer son nom à Smirdine, et que celui-ci le souffle à l’oreille à sa clientèle ».

« Les Récits de feu Ivan Petrovitch Belkine publiés par A.P. » ont paru en octobre 1831. Le nom complet d’Alexandre Pouchkine ne sera pour la première fois révélé que lorsqu’en 1834 paraissent « Les Récits de feu Ivan Petrovitch Belkine publiés par Alexandre Pouchkine ».

Il convient maintenant de nous arrêter ici et expliquer un fait qui, à première vue, semble être très loin du sujet entamé. « Nous sommes paresseux et insouciants » - écrivit Pouchkine. Il aurait espéré que dans un futur éloigné ses lecteurs en Russie ne seraient plus paresseux, mais plutôt soucieux de contribuer à la création de leur avenir et, par conséquence, de concevoir le monde indépendamment de toute recette toute faite héritée. Il y a dans le Dictionnaire Encyclopédique Soviétique (1987) un article consacré à Socrate, cet article le considère comme : « un des fondateurs de la dialectique, méthode de découvrir la vérité en posant les questions suggestives ».

La mentalité humaine est génétiquement programmée de telle manière que :

Ceci veut dire que la dialectique, en tant que méthode de connaître, est en nous génétiquement programmée. Et comme tout acte de connaître et de créer est unique, le concret d'une situation étant conditionné par le contexte, la dialectique représente un art impossible de formaliser. Et, dans le même ordre d’idées, « la dialectique » selon Friedrich Hegel et selon Karl Marx n’est qu’une dialectique du Malin.

Pour pouvoir donc déchiffrer l’énigme des « Récits de feu Ivan Petrovitch Belkine », il convient de se demander :

  1. Pourquoi Pouchkine décide-t-il de cacher son nom et de se faire passer pour un Ivan Petrovitch Belkine, auteur inexistant des « Récits » ?
  2. Pourquoi fallait-il imaginer un ami anonyme, voisin d’Ivan Petrovitch Belkine, qui envoie à l’éditeur (Pouchkine) la biographie de « l’écrivain » ?
  3. Pourquoi y a-t-il quatre narrateurs (Ivan Petrovitch Belkine n’a fait qu’à noter les récits) et cinq récits ? (** Effectivement, dans le manuscrit de M. Belkine chacun des récits est marqué dessus : je dois ce récit à telle personne, poste ou titre et deux lettres en majuscule qui indiquent noms et prénoms).
    Il est précisé pour un lecteur curieux que « Le Maitre de Poste » lui fut raconté par un conseiller titulaire A.G.N, « Le Coup de Pistolet » - par un lieutenant-colonel I.L.P, « Le Marchand de Cercueils » - par un intendant B.V., « La tempête de Neige » et « La Demoiselle-Paysanne » - par une demoiselle K.I.T.
  4. Pourquoi le poète décide-t-il de changer la chronologie de narration et met « Le coup de Pistolet » et « La Tempête de Neige » au début du recueil, tandis que selon l’ordre chronologique ils devaient normalement le terminer ?
  5. Pourquoi seule « La tempête de Neige » est-t-elle située dans le temps et date de 1811-1812 ?

Pour pouvoir trouver les réponses aux questions posées, mettons les récits dans le tableau ci-après suivant l’ordre chronologique de leur création et confrontons les personnages-symboles aux phénomènes sociaux :

 

Chronologie de création 1828 09.09.1830 14.09.1830 20.09.1830 09.10.1830 14.10.1830 20.10.1830
Récits 

 

 

 

Phénomènes sociaux

La Petite Maison Retirée dans l’Ile 

Vassilievski

Le Marchand de Cercueils Le Maître de Poste La Demoiselle-Paysanne La Petite Maison de Kolomna Le Coup de Pistolet La Tempête de Neige
Personnages – symboles de phénomènes sociaux
Régime Veuve Adrien P. 

(veuf)

Siméon V. 

(veuf)

Mouromski 

(veuf)

Veuve Comtesse B. 

(presque veuve)

Praskovia Petrovna 

(veuve)

Intellectuels au pouvoir Fonctionnaire 

époux de la veuve

mort

Epouse d’Adrien 

morte

Mère de Dounia 

morte

Mère de Lisa 

morte

Epoux de la veuve 

mort

Compte B. 

presque mort

Gavrila Gavrilovitch 

mort

Intelligentsia libérale Comtesse I. Yourko 

(kiosquière)

Minski 

hussard

(capitaine de cavalerie)

Alexeï 

(fils de Bérestov)

Comtesse 

 

Extravagant R. ivre 

 

Vladimir Nicolaevitch 

(fiancé de Macha)

Peuple Véra Akoulina, Dounia Dounia Lisa (alias Akoulina) Paracha Macha Macha 

 

Idéologie avant 1917 Père Jan 

 

Servante 

Axinia

Marraine de 

Dounia

Nastia (servante russe) Fiocla 

(vielle cuisinière)

Kouzka (servant de Silvio) Servante de Macha
Idéologie 

après 1917

Barthélémy 

se transforme en diable

 

Schulz (cordonnier) et d’autres allemands Allemand docteur 

(participant au complot)

Jackson 

(servante anglaise)

Mavra 

(nouvelle cuisinière)

Silvio (russe mais porte nom étranger) Dans le complot : Dravine, Schmidt, capitaine d’uhlans, prêtre
Candidats à conduire le peuple 

 

Paul, ami de Barthélémy, 

(devient aliéné)

Pas de prétendants Hussard à la moustache noire 

 

Alexeï 

souhaite devenir hussard

 

Officiers à la moustache noire Comte B. 

Colonel de hussards

 

Bourmine 

Colonel de hussards

 

A quelle mesure le peuple comprend-il son avenir 

 

Véra à 

Barthélémy :

« Dieux protège les innocents »

Silence des filles d’Adrien Prokhorov Dounia : «Je connais le chemin» Akoulina à  Alexeï : «Tu mens. Pas si bête !». Les chants de Paracha 

« Gémisse-ments d’un pigeon » et «Vais-je? »

Macha à Silvio : 

« Mon mari dit-il la vérité? »

Macha à Bourmine : «C’était donc vous !»

 

Bien que « La Petite Maison de Kolomna » ne soit inclus dans le recueil des « Récits de feu Ivan Petrovitch Belkine » (voir le tableau ci-dessus), elle y est organiquement liée ; et ce lien (plus essentiel que le souhait de Pouchkine de la faire publier sous un faux nom) n'est jusqu'à présent remarqué par aucun des pouchkinistes. Nous ne trouvons effectivement dans « Les Récits de feu Ivan Petrovitch Belkine » et dans «La Petite Maison de Kolomna» que des personnages qui essentiellement se ressemblent, et ce bien que leur noms soient différents et eux aussi soient légèrement différents par la faute de l’originalité des sujets. En effet, si dans les trois premiers récits « Le Marchand de Cercueils », « Le Maître de Poste » et « La Demoiselle-Paysanne » un veuf est nécessairement présent, dans « La Petite Maison de Kolomna », « Le Coup de Pistolet » et « La tempête de Neige » il est remplacé par une veuve. Dans « Les Récits » comme dans le poème le lecteur rencontre inévitablement une fille d’un veuf (ou d’une veuve). Nous voyons par la suite une succession de personnages dont l’importance dans les nouvelles comme dans le poème est similaire. Et si le poème et « Les Récits » étaient une narration figurée évoquant un secret ? A quels phénomènes alors pourraient correspondre les personnages similaires des sujets apparemment différents ?

D’où et comment le poème « La Petite Maison de Kolomna » vient-il pour s’inscrire d’une manière tellement organique dans la matrice (voir notre tableau ci-dessus) des « Récits de feu Ivan Petrovitch Belkine» ?

Pour pouvoir répondre à ces questions, essayons de nous mettre à la place du poète au moment où ses trois premiers récits sont déjà terminés. Chaque écrivain avant de reprendre au lendemain son travail sur un sujet, dont le dessein lui est encore peu claire ou nécessite d’être repensé, a coutume de relire ce qu’est déjà écrit et de faire des corrections. Et si initialement l’auteur n'avait pas l’intention d’introduire dans chacun des Récits un veuf (une veuve) et une fille, rien ne l’empêcherait de remarquer les coïncidences arrivées lors de la création comme par hasard.

Maintenant c’est le moment de rappeler que pendant le séjour à Boldino Pouchkine formula son credo vis-à-vis le hasard : « La Providence n’est pas de l’algèbre. L’esprit humain, selon le langage populaire, n’est pas prophète mais prémoniteur. Il suit la marche des choses et peut en déduire de profondes suppositions, le temps souvent les confirmant, mais il lui est impossible de prévoir le hasard, instrument puissant et instantané de la Providence ». Le mot Providence commence et termine la phrase, et veut dire que la Providence embrasse la marche des choses, tandis que l’esprit humain, s’il la suit, est capable d’en inférer des suppositions, qui, pas toujours mais souvent, sont confirmées par le temps ; mais seule la Providence contrôle le Hasard de façon définitive.

La quarantaine de choléra et les trois premiers récits sont justement les cas du « Hasard », « Hasard » qui ne relève que de la Providence. Quand Pouchkine faisait cette réflexion il ne pouvait pas s’empêcher de se rappeler que 24 mois avant, un autre cas eut lieu.

Un jour de l'automne 1828, la société de Saint-Pétersbourg se réunit pour une soirée dans la maison des Karamzines. Pouchkine est là, il raconte une histoire attrayante où une veuve sans nom, sa fille Véra, drôle de personnage Barthélémy qui se transforme en diable, une comtesse et d’autres personnages ont des traits communs avec ceux des « Récits de feu Ivan Petrovitch Belkine».

La société, désireuse des loisirs agréables, est enchantée de l’histoire de Pouchkine. Le lendemain matin Vladimir Pavlovitch Titov (1807-1892) vient à l'hôtel où descendit le poète pour solliciter sa permission de publier l’histoire racontée la veille. Pouchkine fait quelques corrections et donne son accord. C’est ainsi qu’en 1829 la revue « Les Fleures de Nord » publie cette histoire sous le titre « La Petite Maison Retirée dans l’Ile Vassilievski » signée par Tit Kosmokratov (pseudonyme de Vladimir Pavlovitch Titov). La lecture de cette histoire produit l’impression d’être la première version de « La Petite Maison de Kolomna » racontée par Pouchkine dans la maison des Karamzines 24 mois avant son départ pour Boldino.

« La Petite Maison Retirée dans l’Ile Vassilievski » est à la fois une histoire burlesque et un prélude au cycle de Boldino et à «La Petite Maison de Kolomna ». A notre avis, Pouchkine, au niveau inconscient de la mentalité, percevait dans le sujet de son poème un algorithme de déroulement de la situation future en Russie et des phénomènes sociaux. Il les désigne par les images des personnages-symboles qui, pour la « foule dérisoire », sont faciles à comprendre. Mais à quoi sert-il de coder et de fuir la paternité ? Pourquoi ne veut-il pas décrire directement l’avenir de la Russie  ? Nous trouvons la réponse à cette question et la confirmation de nos conjectures dans la XXème octave de la préface (dans les rééditions parues après 1917, des 22 octaves du poème « les pouchkinistes » enlèveront celles qui parlent du sens voilé du texte).

 

Si je pouvais, sous un masque léger,

Passer inaperçu dans la foule dérisoire,

Si la baguette du censeur sévère,

Fustigeait autrui, pas moi

 

Qui est-ce qui Pouchkine appelle « la foule dérisoire » ? Facile à deviner : ses premiers lecteurs et censeurs présomptueux, insouciants et atteints de myopie historique. Mais il n’y en avait pas d’autres. Les « autres » ne savaient ni lire ni écrire : même vers 1917 les 85% de la population de l’empire russe demeuraient illettrés. Mais le message devait absolument passer vers jusqu’à ces « autres » ; il a fallu pour cela éviter « les dérisoires » en leur donnant un substitut de réponse. Toute plaisanterie à part quand tu travailles seul à Boldino. C’est cela que nous trouvons dans la XXIème octave de « La Petite Maison de Kolomna » :

 

Allez, en route. N'ai-je préparé une narration,

Mais je papote si gravement,

En abusant de votre attention.

 

Il suit de notre tableau ci-dessus qu’avant de terminer « La Petite Maison de Kolomna » Pouchkine décide définitivement de l’ensemble des symboles ayant un « effet suggestif » rattachés à la matrice de l’avenir de la Russie. Ce n’est qu’après cela que le poète se met à travailler sur « Le Coup de Pistolet » et « La Tempête de Neige ».

L’ésotérisme connait depuis bien longtemps un moyen d’étudier et de concrétiser un projet. Il le savait faire bien avant que le mathématicien américain Richard Ernest Bellman ait pu le formaliser sous forme d’une méthode de la programmation dynamique (ci-après MPD). La MPD est depuis largement employée afin d’optimiser la résolution de différents problèmes en présentant leur solution sous forme d’une séquence des ensembles d’états et des voies de transition d’un état en l’autre.

La MPD n’est opérationnelle que parce que la nature a la première cause, le principe auquel correspond cet algorithme. Il y a des gens qui, après avoir analysé des périodes entières de leur vie, trouvaient que ce dont ils avaient envi étaient à même de se réaliser. Et si les ensembles d’états probables forment une séquence chronologique, le schéma théorique de la MPD peut s’étirer soit d’un présent réel vers une future pronostiquée soit d’une future pronostiquée vers un présent réel. Ceci veut dire que la vie réelle a deux rapports informels qui se trouvent en dehors de l’algorithme de la méthode :

  1. De façon formelle et algorithmique, la MPD ne fait pas de distinction entre les causes et les effets. Ceci signifie qu’au moment de résoudre un problème appliqué, chaque interprétation de la MPD doit se baser sur la considération informelle de la dépendance réelle des effets des causes.
  2. Dans le cas où les pronostics s’adaptaient bien au gouvernement de la hiérarchie supérieure, tandis que le gouvernement particulier, en tant que partie du gouvernement de la hiérarchie supérieure, était exécuté de façon qualifiée pour assurer de la sorte la stabilité du gouvernement particulier, IL N’EXISTERAIT PAS DE DIFFERENCE SIGNIFICATIVE ENTRE UN PRESENT REEL ET UNE FUTURE SOUHAITEE.

Il s’agit donc d’une intégrité ; c’est la raison pour laquelle une future mentalement choisie et objectivement non-défendue d’en-haut commence à protéger d’ores et déjà ceux qui la créent, cette protection comprenant à la fois une protection de la mentalité contre les illusions du dehors et une protection contre l’agression « physique » cohérente. En d’autres termes, si au niveau de la matrice des états probables et des transitions, une voie s’accordant avec le gouvernement de la hiérarchie supérieure était déjà choisie, cette même voie deviendrait la protection, l’arme et le moyen de gouverner. On n’a que la soutenir énergétiquement.

Cependant pour pouvoir manier la MPD à l’aide des matrices de transition, qui l’accompagnent et se manifestent de façon informelle en tant que phénomènes de notre vie, il est nécessaire de respecter LA CONDITION PRICIPALE : la Méthode de la Programmation Dynamique d’une future sert à optimiser les procédés de gestion ; elle n’est opérationnelle que lorsque le choix de l’état final, concluant le procédé, soie déjà fait.

Il est également important de veiller à ce que cet état final soie un procédé expressément équilibré et acceptable, enveloppant et appuyant le procédé particulier que l’on souhaite optimiser au moyen de la MPD. Mais le choix de certains paramètres du procédé, devant envelopper le système gouverné à la suite de mise en œuvre de l’algorithme de la MPD, réside plutôt dans le domaine du « mysticisme » ou de méthodes développées par les arts et sciences dont la nature est loin d’être mathématique.

Nous pouvons maintenant comprendre pourquoi Pouchkine, ne connaissant pas la MPD, utilisa le mécanisme principal de programmation de l’avenir en mettant au début du recueil « Le Coup de Pistolet » et « La tempête de Neige » : il sut trouver et exprimer de façon symbolique la meilleure variante de la matrice de l’avenir de la Russie. Nous avons donc trouvé la réponse à la quatrième question : pourquoi Pouchkine décide-t-il de changer la chronologie de narration ? Il suit du tableau-matrice qu’il n’y avait que deux variantes de l’avenir (dans le cadre du problème que Pouchkine se posait vis-à-vis la programmation de l’avenir de la Russie) : soit « La Demoiselle-Paysanne » soit « La Tempête de Neige » (c’est aussi la réponse à la troisième question : pourquoi y a-t-il quatre narrateurs pour cinq récits ? - les deux furent racontés à Ivan Petrovitch Belkine par la demoiselle K.I.T.).

Pourquoi la variante de « La Demoiselle-Paysanne » ne peut pas satisfaire le poète ? Nous savons que ce récit se termine d’une manière quoi de plus banale : Alexei Bérestov et Lisa Mouromskaia surmontent tous les obstacles créés par les parents pour enfin se retrouver. Il serait très logique de supposer qu’après être bénis des parents et de l’église, les époux vivront une famille heureuse.

La symbolique de notre tableau implique que l’aspiration du peuple au bonheur a trouvé son expression en ceux qui prétendent le savoir traduire de façon adéquate (il s’agit dans notre cas de l’intelligentsia libérale). Il suit du récit que l’alliance d’Alexeï Bérestov et de Lisa Mouromskaia est bâtie sur le mensonge : pour pouvoir rencontrer Alexeï Bérestov Lisa se fait passer pour une paysanne Akoulina. Mais la logique de la vie, contrairement à la logique du schéma, nous apprend que les pieux mensonges ne sauvent pas. Ceci veut dire que dans le flou du sujet de « La Demoiselle-Paysanne » une continuation malheureuse n’est pas exclue, une brouille par exemple, et Alexeï aura annoncé à Lisa : « - Franchement dit, je suis tombé amoureux de la naïve Akoulina plutôt que d’une intrigante Lisa ! » Nous considérons que c’est là la raison pour laquelle Pouchkine rejette cette variante d’évolution des choses et se met à travailler sur « Le Coup de Pistolet » et « La Tempête de Neige ».

L’étude de notre tableau peut également susciter la question : « pourquoi Pouchkine écrit-il « Le Coup de Pistolet » ? Quelle rôle joue dans le sujet l’histoire de Silvio qui « parait être russe mais porte un prénom étranger ? » Sur l’exemple de la vie de Silvio Pouchkine veut montrer qu’avant de devenir un humain, il est indispensable de se débarrasser du démonisme individuel. Cinq ans de suite, pas un jour ne se passait que Silvio n’ait songé à la vengeance. Il veut venger un homme qu’il avait lui-même offensé pour provoquer en duel. Et voici comment nous voyons Silvio qui vient d’apprendre qu’il peut enfin satisfaire son sentiment diabolique : «Sa pâleur sinistre, ses yeux ardents, les longues bouffées de fumée qui sortaient de sa bouche, lui donnaient l’air d’un vrai démon.

Et voici la scène finale du récit :

« - Voulez-vous tirer, oui ou non ? », demanda le compte B.

« - Je ne veux pas, répondit Silvio. Je suis content. J’ai vu ton trouble, ta faiblesse ; je t’ai forcé de tirer sur moi, je suis satisfait ; tu te souviendras de moi, je t’abandonne à ta conscience ».

S’il parle de la conscience, fini le démon.

Il est utile de noter que Dieu, en tant que puissance suprême, n’apparait dans les Récits que dans « La Tempête de Neige ». Bien que Dieu ne se manifeste pas directement dans "La tempête de Neige », indirectement la tempête comme l’un des « personnages » principaux du récit et comme un phénomène de Hasard, contrôlé par Dieu, sépare Macha de Vladimir Nikolaevitch pour l’unit ensuite avec le colonel Bourmine. Ceci veut dire que Pouchkine ne peut pas imaginer l’avenir de la Russie sans Dieu et considère l’état final de "La Tempête de Neige" comme étant indéniablement stable et acceptable par rapports aux procédés décrits dans les autres Récits et dans le poème. Dans « La Petite Maison de Kolomna » le lecteur en trouve effectivement la confirmation : Paracha (symbole de peuple) « Priait Dieux en toute docilité en se montrant très appliquée. Elle avait l’attrait d’une obéissance», à la différence de la comtesse (symbole de l’intelligentsia libérale) qui « entrait dans l’église tête haute, bruyamment, priait Dieu avec orgueil – est-ce l’endroit ? ». Cela ressemble à la situation d’aujourd’hui, n’est-ce pas ? Pour cette même raison Pouchkine décide de dater les évènements du récit de 1812.

Aujourd’hui la pression médiatique mondiale fait demeurer la société dans l’attente de l’apocalypse : le calendrier Maya, la planète Némésis, un astéroïde agressif, le changement des pôles magnétiques et géographiques etc. Quelle est la raison de cette propagande apocalyptique ?

Si le lecteur réexamine le passé de la Russie, il découvrira que tous les 200 ans elle chassa ses envahisseurs. Chaque écolier, qui connaît un peu l’histoire de la Russie, peut facilement se rappeler des deux dernières expulsions d’ennemis : en 1612 les russes chassent les polonais de Moscou et de la Russie, en 1812 les russes chassent les français de Moscou et de la Russie. Cependant, ceux dont le statut oblige de connaitre en détails l’histoire de la Russie, ceux qui croient que la première cause de la nature, assurant le fonctionnement de la MPD, n’est que des paroles creuses, ceux qui considèrent la Russie comme un obstacle sur la voie vers la concrétisation de leur convoitises mondiales, ils savent que la Russie est actuellement en train de se concentrer. L’avenir qui se prépare pour eux en Russie est dangereux comme le fut le passé, et l’an 2012 serait pour eux une chance ultime de résoudre définitivement « le problème russe » (pendant que la Russie s’occupe de ses propres problèmes) comme ce fut le cas de 1612 et de 1812. Pour pouvoir résoudre leur problème ils veulent paralyser par la terreur le monde entier et la Russie.

Pouchkine le sentait, projetait l’avenir de la Russie grâce à l’effet suggestif de ses œuvres et comme nous pouvons le constater, après avoir analysé la période de son séjour à Boldino, sut protéger d’une manière imagée la matrice de passage vers cet avenir.

L’œuvre de Pouchkine est lucide, parfait et énigmatique. Voilà pourquoi lire Pouchkine, le comprendre, dévoiler son mystère n’est à la portée de tous. « Percevoir Pouchkine c’est déjà avoir du talent », dit Sergueï A. Essenine. Pouchkine est immortel. Il continue de vivre dans l’esprit populaire et va bientôt se manifester comme d’ailleurs le prédit Nikolaï V. Gogol : « Pouchkine c’est peut être un phénomène extraordinaire et unique de l’esprit russe : c’est un russe dans son évolution dont le résultat nous aurons vu d’ici deux cent ans ».

 

Le prédicateur intérieur de l’URSS

Le 24 juin 2011